le blog de Daniel

C'est cette vie-là que nous voulons

24 janvier 2005



Fête de samedi soir - Afua, Buffalo Boy et François

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22 janvier 2005

État permanent d'ivresse

            

Une autre lecture récente que j'ai adoré. Pieds nus dans l'aube de Félix Leclerc. Un passage:

"On a pas sitôt bâti une chose qu'il faut en recommencer une autre, dans le fond, semblable. La mer n'a pas sitôt posé une vague sur le rivage, qu'elle court en chercher une autre. Les fourmis n'arrêtent pas de transporter les grains de sable. Dans cent ans, les feuilles de tremble trembleront encore, et la chanson de l'oiseau ne sera pas terminée. L'homme n'arrête pas de charroyer les jours. Le grenier d'où ils sortent en contient inépuisablement : ils viennent, chacun leur tour, sans faire défaut, ponctuels, jamais deux à la fois, bien souvent vêtus d'or quand nous sommes en deuil, et de gris quand nous sommes en fête.

Ç'aurait été pourtant si facile pour le bon Dieu (assurément ce lui serait un jeu encore, s'il le voulait), d'arrêter le temps, certain soir d'été, alors qu'il a plu beaucoup l'après-midi et que le soleil paraît pour tiédir le vent; que l'arc-en-ciel s'empare des gouttes d'eau et fait le pont d'une montagne à l'autre; que la terre boit, satisfaite, comme à la mamelle; que tous les gavroches, pieds nus dans les lacs de la rue, tirant leurs bateaux de papier, s'interpellent en secouant des cris heureux; que les ouvriers de retour de l'ouvrage s'attardent sur les marches de leur maison pour applaudir l'éclosion d'une fleur près du trottoir; que l'écho crie sans cesse : « Ohé, ohé, ohé! »; que les vieilles grand-mères, toutes cassées, toutes courbées, sortent de l'église et tiennent leur joie à deux mains pour ne pas qu'elle renverse; qu'un grand soulagement passe sur tout ce qui peine; que même les pavés poussent de furieux éclats de rire quand un cerceau roule sur leur dos!

Insaisissable bonheur!

Est-ce qu'un jour les fleurs se déracineront pour rejoindre les oiseaux dans l'air, que les animaux se mettront à causer, que l'odeur de fête persistera, que l'ivresse deviendra un état permanent, que les hommes assisteront enfin à l'agonie de la haine, de la peur, du feu, du vol, des mots atroces? Le repos que tous désirent est-il quelque part ici, après tous ces siècles de tentatives, après tous ces siècles d'échec?"

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13 janvier 2005

Cultiver un talent d'agrément et y puiser une sérénité d'esprit

           


J'adore lire. Si je pouvais, je lirais beaucoup plus. Et si je pouvais être payé pour lire, ça serait génial. Je trouve difficile qu'il y ait tant de choses à lire et de savoir que de mon vivant je ne réussirai à lire qu'une infime partie de tout ce que j'aimerais. Je dois admettre qu'un de mes problèmes est aussi que j 'aime lire à peu près tout. En plus je lis en anglais et en français. Ça en fait des choses à lire.  Je lis en ce moment Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki dont voivi un extrait:

...il entonna lentement et d'une voix assurée Kogo, le chant de la dame en fuite. Il respirait avec peine, me sembla-t-il, peut-être parce qu'il était un peu ivre. Sa voix manquait de sonorité  et de force, mais, bien posée, révélait un bon entraînement. L'aisance de son maintien accusait de longues années d'études musicales. En l'écoutant, j'admirais sa confiance et son laisser-aller devant un étranger et j'appréciais la sérénité de l'artiste oublieux de tout, sauf de son art. Cet homme était la preuve vivante que cultiver un talent d'agrément, même sans y exceller, n'est pas perdre son temps puisqu'on y puise une telle sérénité d'esprit.

Posté par ledanz à 03:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 janvier 2005

Fini le blog bilingue

Bonne annnée à tous et toutes.

Bon je sais plus si je vais continuer ce blog bilingue. C'est un peu compliqué le bilinguisme, on en sait quelque chose  nous les Canadiens. Il se passe pas une journée sans que je vive des frustrations en rapport avec ça.

Vois-tu ami lecteur, amie lectrice, je viens du Québec où nous sommes très fiers d'être assez nombreux à être francophones pour ne pas trop avoir à se mettre à genoux devant les anglophones. En fait, au Québec, les francophones sont la majorité et les anglophones, la minorité. Nous devons quand même faire certains compromis. Mais au moins nous devons tous en faire, anglophones et francophones.

Mais je n'habite plus le Québec. Je suis maintenant en Saskatchewan où les anglophones sont la majorité et où les francophones sont une toute petite minorité. Et ici, de tout façon, ça se passe pas entre francophones et anglophones mais entre autochtones (amérindiens pour ceux qui savent pas de quoi je parle) et non-autochtones (les autres, anglos, francos, germanos, ukrainos, etc-canadiens). Ça force à beaucoup d'humilité ce nouveau rapport, cette démographie nouvelle. Et ça fait aussi apprendre beaucoup de choses sur soi et sur les autres.

Des fois, ça m'exaspère, me rend impatient, me déprime même. D'autres fois, je suis très content de me trouver où je suis.


Posté par ledanz à 04:02 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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