24 janvier 2005

Fête de samedi soir - Afua, Buffalo Boy et François
22 janvier 2005
État permanent d'ivresse

Une autre lecture récente que j'ai adoré. Pieds nus dans l'aube de Félix Leclerc. Un passage:
"On
a pas sitôt bâti une chose qu'il faut en recommencer une autre, dans le
fond, semblable. La mer n'a pas sitôt posé une vague sur le rivage,
qu'elle court en chercher une autre. Les fourmis n'arrêtent pas de
transporter les grains de sable. Dans cent ans, les feuilles de tremble
trembleront encore, et la chanson de l'oiseau ne sera pas terminée.
L'homme n'arrête pas de charroyer les jours. Le grenier d'où ils
sortent en contient inépuisablement : ils viennent, chacun leur
tour, sans faire défaut, ponctuels, jamais deux à la fois, bien souvent
vêtus d'or quand nous sommes en deuil, et de gris quand nous sommes en
fête.
13 janvier 2005
Cultiver un talent d'agrément et y puiser une sérénité d'esprit

J'adore
lire. Si je pouvais, je lirais beaucoup plus. Et si je pouvais être
payé pour lire, ça serait génial. Je trouve difficile qu'il y ait tant
de choses à lire et de savoir que de mon vivant je ne réussirai à lire
qu'une infime partie de tout ce que j'aimerais. Je dois admettre qu'un
de mes problèmes est aussi que j 'aime lire à peu près tout. En plus je
lis en anglais et en français. Ça en fait des choses à lire. Je
lis en ce moment Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki dont voivi un extrait:
...il entonna lentement et d'une voix assurée Kogo,
le chant de la dame en fuite. Il respirait avec peine, me sembla-t-il,
peut-être parce qu'il était un peu ivre. Sa voix manquait de
sonorité et de force, mais, bien posée, révélait un bon
entraînement. L'aisance de son maintien accusait de longues années
d'études musicales. En l'écoutant, j'admirais sa confiance et son
laisser-aller devant un étranger et j'appréciais la sérénité de
l'artiste oublieux de tout, sauf de son art. Cet homme était la preuve
vivante que cultiver un talent d'agrément, même sans y exceller, n'est
pas perdre son temps puisqu'on y puise une telle sérénité d'esprit.
12 janvier 2005
Fini le blog bilingue
Bonne annnée à tous et toutes.
Bon je
sais plus si je vais continuer ce blog bilingue. C'est un peu compliqué
le bilinguisme, on en sait quelque chose nous les Canadiens. Il
se passe pas une journée sans que je vive des frustrations en rapport
avec ça.
Vois-tu ami lecteur, amie lectrice, je viens du
Québec où nous sommes très fiers d'être assez nombreux à être
francophones pour ne pas trop avoir à se mettre à genoux devant les
anglophones. En fait, au Québec, les francophones sont la majorité et
les anglophones, la minorité. Nous devons quand même faire certains
compromis. Mais au moins nous devons tous en faire, anglophones et
francophones.
Mais je n'habite plus le Québec. Je suis
maintenant en Saskatchewan où les anglophones sont la majorité et où
les francophones sont une toute petite minorité. Et ici, de tout façon,
ça se passe pas entre francophones et anglophones mais entre
autochtones (amérindiens pour ceux qui savent pas de quoi je parle) et
non-autochtones (les autres, anglos, francos, germanos, ukrainos,
etc-canadiens). Ça force à beaucoup d'humilité ce nouveau rapport,
cette démographie nouvelle. Et ça fait aussi apprendre beaucoup de
choses sur soi et sur les autres.
Des fois, ça m'exaspère, me rend impatient, me déprime même. D'autres fois, je suis très content de me trouver où je suis.